Le paiement sans contact a-t-il tué les pourboires ?

L’arrivée du paiement sans contact il y a quelques années a eu une conséquence inédite : la baisse des pourboires dans la plupart des cafés ou restaurants. Heureusement, il y a les touristes... Petit tour d'horizon de ce qui se fait chez nous et à l'étranger. 



Ca a drastiquement asséché le pot commun des serveurs



L’essor de ce mode de paiement, y compris pour un simple expresso, a asséché le pot commun des serveurs. Dans le métier « depuis un quart de siècle », on constate l’évolution sur les grandes terrasses du centre-ville. Là où "un bon" faisait 500 ou 600 euros par mois, « il en fait 300 aujourd’hui ».

Conjugué à la crise, à des consommateurs toujours plus près de leurs sous et à des patrons aux aguets, le "sans contact" occulte de plus en plus souvent le petit geste pour le service.


Merci les touristes ... Américains


Cependant, le sans contact à su faire changer les mentalités et les réflexions liées aux paiements en espèce aussi. La jeune génération voit ce virage digital comme un « mal nécessaire » : «Moi-même, j’ai rarement du liquide sur moi, je paye tout avec la carte, y compris des petites sommes, c’est tellement plus pratique. »



A la fin de son service, quand il part décompresser, il paye un verre au barman plutôt que de lui laisser une piécette. C’est d’ailleurs l’essence du "pour boire", en deux mots. Celui en un mot, ils l’attendent d’abord des touristes, puisqu’il n’est pas obligatoire.

Son constat est copié partout, avec une autre constante reprise en choeur sur toutes les terrasses : « Heureusement qu’il y a les Allemands. » Avec les Suisses, et les Américains quand ils sont là, « ils sont vraiment exemplaires dans ce domaine », souligne Michel Spiry, le patron du James’On. Le Trinkgeld (littéralement "l’argent pour boire"), « c’est culturel chez eux ».
12/07/2019 17:29
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